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2018, année en enfer pour Facebook… Quelles conséquences ?

Piratage, manque de transparence, erreurs de communication…le colosse américain a tremblé en 2018…

Fin décembre 2018, le New York Times accusait Facebook de garantir à des géants de la « tech » des accès privilégiés aux informations d’utilisateurs de la plateforme sociale. Un nouveau revers pour l’entreprise déjà affaiblie par des scandales à répétition.  Retour en arrière sur cette année catastrophique et les conséquences pour le réseau social de Mark Zuckengerg…

Crédit photo Mark Zuckerberg : Variety

2018 : Annus Horribilis pour Facebook

Voyons ensemble comment rater son année en 5 étapes… Pas au point de finir comme Google Plus, mais la performance reste magnifique !

1. Le scandale Cambridge Analytica

Le premier gros nuage dans le ciel bleu de Facebook est apparu fin mars, alors que le premier trimestre 2018 tirait à sa fin. Le journal britannique The Guardian et son confrère américain The New York Times publièrent simultanément deux enquêtes révélant le « siphonnage » de données personnelles de millions d’utilisateurs, via une application Facebook.

À l’origine de cette « récolte», la société britannique d’analyse Cambridge Analytica.

Associée à la campagne électorale de Donald Trump, la firme a ainsi été suspectée d’exploiter ces données dans le but d’influencer le vote des électeurs. Néanmoins, est ce que cela fut réellement le cas ? La question reste en suspens…

Scandale Facebook : quelles conséquences ?
L’expression « annus horribilis » (année horrible en latin) a été utilisée pour la première fois par la reine Elizabeth II lors de son bilan de l’année 1992

2. Un manque de contrôle durant la crise Birmane

Déjà fortement pointé du doigt suite aux révélations de l’affaire « Cambridge Analytica », le système de modération de la plateforme sociale s’est de nouveau retrouvé sur le devant de la scène durant la crise des Rohingyas en Birmanie.

En effet, l’ONU a accusé le géant américain d’avoir joué un rôle prépondérant dans le propagation des messages de haine à l’égard de cette minorité ethnique. Une publicité dont se serait bien passé Marc Zuckerberg qui s’est confondu en excuses et a assuré faire le nécessaire pour que les contenus haineux, vidéos sanglantes et autres fausses informations soient bannis du réseau.

3. Le piratage de 50 millions de comptes

Après quelques mois de « répit », la société basée à Menlo Park a annoncé en septembre avoir découvert une faille de sécurité ayant mené au piratage d’environ 50 millions de comptes.

Une attaque d’une ampleur inédite pour l’entreprise mais différente de l’affaire « Cambridge Analytica » où les données avaient été récoltées de manière légale. En réponse, les équipes techniques ont rapidement corrigé les bugs et ont déconnecté manuellement 90 millions de comptes (50 millions piratés + 40 millions par précaution).

Comment protéger ses données sur Facebook ?
3 bugs successifs ont permis à des inconnus de pirater des dizaines de millions de comptes personnels.

4. Une erreur de communication

Le cauchemar ne s’est malheureusement pas arrêté pour autant puisque fin novembre, un article du New York Times révéla un contrat entre Facebook et l’entreprise de relations publiques Definers. Plusieurs sources affirment que l’agence a volontairement diffusé des « fake news » afin de discréditer les opposants au réseau social le plus populaire de la planète.

Bien que le responsable de la communication, Elliot Schrage, ait nié en bloc ces accusations. Le mal était fait.

5. Des accords jugés laxistes

Décembre, une période généralement heureuse placée sous le signe de la générosité. Pourtant, c’est un cadeau empoisonné que fit, encore et toujours, le New York Times  en dévoilant les accords commerciaux passés avec plus d’une centaine d’entreprises de la « tech » telles que Spotify, Netflix ou Microsoft.

Jugés bien trop laxistes et généreux, ces partenariats auraient permis l’accès aux données privées des utilisateurs.

Une accusation relayée en parallèle par le Parlement Britannique.

N’en jetez plus, la coupe pleine pour Marc Zuckerberg et ses équipes qui ont vu les foudres des autorités et de la population s’abattre sans discontinuer en 2018.

Quelles conséquences pour Facebook ?

Une image ternie

Les scandales Facebook.
La côte de popularité de la plateforme sociale a considérablement souffert des scandales à répétition…

Si des réseaux sociaux comme Twitter ou Instagram arrivent à garder une bonne image, Facebook a plus de mal de ce côté…

Au cours de cette année 2018, c’est bien l’image de l’entreprise qui a le plus souffert des affaires à répétition. En effet, le réseau social ne peut désormais plus se présenter comme une plateforme jeune, familiale et insouciante. Une grande partie de la population a ainsi découvert une société peu respectueuse de la vie privée de ses utilisateurs et privilégiant ses intérêts financiers avant ceux de ses membres.

En plus de cela, la firme américaine doit désormais faire face à une concurrence accrue, notamment chinoise avec TikTok par exemple, plébiscité par une population beaucoup plus jeune.

Une méfiance générale s’est installée vis à vis de tous les réseaux sociaux qui seront désormais scrutés sous toutes les coutures.

Un ralentissement du nombre d’utilisateurs

Plus grand réseau social au monde avec plus de 2 milliards d’utilisateurs actifs par moi, Facebook semble inébranlable.

Pourtant, en octobre 2018, elle a annoncé la perte de 2 millions d’utilisateurs européens, conséquence directe des différents scandales qui ont mis à mal son image. De plus, bien que le nombre d’inscrits actifs dans le monde n’a cessé de croître, cela s’est fait à un rythme beaucoup moins soutenu que par le passé. 

Extrait d’une réunion chez Facebook en 2018…

Chute de l’action Facebook en bourse

Outre la perte de confiance des utilisateurs, celle des investisseurs a également été mise à l’épreuve.

L’addition des scandales, des résultats en baisse et l’entrée en vigueur du nouveau Règlement Général sur la Protection des Données ont fait chuter l’action de Facebook de 22% fin juillet, soit une perte de 120 milliards de dollars.

Les dispositions prises par Zuckerberg ont rassuré les actionnaires mais il ne faudrait pas que l’entreprise connaisse une nouvelle année semblable à 2018.

Faut-il investir en bourse sur l'action Facebook ?
Les scandales à répétition et des résultats décevants ont fait plonger l’action FB de 22% fin juillet 2018, faisant perdre plus de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Des sanctions financières

Après le temps des accusations, vient le temps de la justice. Facebook devra ainsi répondre de ses actes devant les tribunaux en 2019, particulièrement à propos de l’affaire « Cambridge Analytica ».

L’entreprise pourrait alors se voir infliger une amende record de 2 milliards de dollars par la FTC (autorité américaine chargée du commerce et du respect de la concurrence) avec qui elle négocie actuellement.

De plus, l’application en Europe du RGPD est un nouveau défi pour la plateforme. En outre, elle va devoir se plier à des lois plus strictes en matière de respect des données personnelles, elle qui base justement son modèle économique sur l’exploitation de ces données.

Un non respect des réglementations européennes entraînera là aussi des sanctions financières importantes.

Quel futur pour Facebook ?

Un blason à redorer

Impossible de faire du passé, table rase.

Qui est Mark Zuckerberg ?
Karadoc, tout nouveau chargé de communication chez Facebook.

Facebook va ainsi devoir engager toutes les ressources disponibles, financières et humaines, pour retrouver la confiance des usagers, des autorités, des investisseurs et des annonceurs.

Cela passera inévitablement par la prise de mesures drastiques et une plus grande transparence. Sous le feu des projecteurs et du marteau de la justice pendant encore plusieurs mois, aucun faux pas ne sera pardonné.

Facebook : des défis technologiques à relever

Quel avenir pour la technologie de réalité augmentée ?
En 2014, Facebook rachète la société Oculus VR pour environ 2 milliards de dollars. Un investissement qui va désormais devoir être amorti. (crédits : Bradley Hook from Pexels)

Marc Zuckerberg ont d’ores et déjà annoncé la fusion des messageries Whatsapp, Messenger et Instagram. Mais le boss de FB et ses ingénieurs devront également relever plusieurs défis technologiques :

  • l’intelligence artificielle pour lutter contre les « fake news » et « deep fake »
  • la réalité virtuelle via la société Oculus
  • la commande vocale, annoncée comme l’interface du futur mais domaine où Facebook est absent

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